Le blocage des prix du carburant demandé par la France insoumise est refusé par le gouvernement, le RN et même une partie de ceux qui l’avait défendu en signant le programme du Nouveau Front Populaire. Pour justifier ce refus qui ne protège que les actionnaires de Total dont certains font partie, de fausses informations sont diffusées.
Dans la Nièvre, département rural, avoir accès à du carburant est une question vitale. Dans la majorité des communes, il n’y a ni commerce alimentaire, ni de médecin. Faute de transports en commun, la voiture est indispensable et elle roule presqu’exclusivement au pétrole, les véhicules électriques étant trop chers pour l’immense majorité. Dans plusieurs départements ruraux, les salarié·es alertent sur le risque de rupture de soins en raison du coût exorbitant du transport pour les aides et soignants à domicile. La Nièvre est représentée à l’Assemblée nationale par une députée Modem (Perrine Goulet, 1ère circonscription) et un député RN (Julien Guibert, 2e circonscription).
Les parlementaires de la coalition présidentielle (macronistes, LR, PS) et du RN qui possèdent des actions Total ont gagné 70000 € avec la hausse du cours de bourse suite à la guerre illégale déclenchée par les États-Unis et Israël en Iran et au Liban. Leurs partis refusent le blocage des prix des carburants qui soulagerait l’immense majorité de la population et empêcherait juste les pétroliers et leurs actionnaires de faire encore plus de profits. À longueur de plateaux télé, ils multiplient les fausses informations et énoncent des « solutions » qui ne résoudront rien.
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de Manuel Bompard, coordinateur de la France insoumise, sur BFMTV, mercredi 1er avril 2026.
Le blocage des prix ne coûte rien à l’État
Contrairement à ce qui est répété notamment par la gauche qui était censée défendre cette mesure, et dont les député·es doivent leur siège au Nouveau Front Populaire, la France insoumise ne propose pas de donner de l’argent public à Total.
Le blocage des prix se fera par un encadrement des marges réalisées par les pétroliers et les distributeurs pour éviter de financer leurs superprofits.
C’est la seule solution qui permet à la fois de baisser immédiatement le prix, d’éviter que l’État engrange des recettes exceptionnelles et que les pétroliers ne tirent pas de superprofits de la crise.
Les pétroliers ne connaissent pas la crise
Ils nous ont déjà fait le coup avec la guerre en Ukraine en faisant croire qu’ils vendaient de l’essence par charité. Dans les deux années qui ont suivi, Total a fait les profits les plus importants de son histoire. Le cours de bourse de Total a déjà pris près de 20 %.
À Qui profite de la guerre ?

La liste des parlementaires actionnaires de Total (plus de 411000 actions) :
Majorité Lecornu (Renaissance, PS, LR) : Yael Braun Pivet, Jean-Marc Fiévet, Agnès Firmin Le Bodo, Graziella Melchior, Nicolas Ray (LR), Sabine Thillaye (Modem), Nicolas Turquois, Jean-Luc Brault, Christian Cambon (LR), Agnès Canayer, Gilbert-Luc Robert Devinaz (PS), Catherine Dumas (LR), Sylvie Robert (PS), Lucien Stanzione (PS), Jean-Luc Warsmann
Rassemblement national : Olivier Fayssat, Jordan Guitton, Jean-Philippe Tanguy, Nicolas Bay.
Le blocage des prix ne crée pas de pénurie
Le blocage des prix avait déjà été mis en place en France en 1990 par Michel Rocard quand la guerre du Golfe avait déjà fait exploser les prix à la pompe.
Il n’y a pas eu de pénurie, comme il n’y en a pas dans les pays européens qui le mettent en place aujourd’hui.
Total n’arrêtera pas de produire et de vendre de l’essence en France
Les marges sur le raffinage ont quadruplé en quelques années et flambent en période de crise. Il s’agit juste de la réduire, un arrêt de la production serait extrêmement coûteux pour Total qui a des salariés à payer et des installations à entretenir. Total aura toujours plus intérêt à gagner moins qu’à perdre beaucoup !
Et même dans l’éventuel cas irréaliste où Total arrêterait de produire, la loi permet la réquisition des activités pour subvenir aux besoins du pays. On peut faire tourner les raffineries sans Total, car ceux qui produisent, ce sont les travailleurs, pas les patrons !
Le chèque énergie n’est pas une réponse
Comme le gouvernement ne fait rien, Lecornu est obligé d’utiliser des fake news. Il parle du chèque énergie comme d’une mesure de soutien. D’abord, ce chèque n’est pas nouveau. Son montant pour 2026 a été voté lors du budget contre lequel les insoumis·es se sont battu·es, et qui a été adopté avec l’accord du PS. Ce budget prévoit qu’un million de foyers en moins y auront droit. Non seulement ce n’est pas nouveau, mais depuis l’augmentation des prix de l’énergie, il n’est pas revu à la hausse. Il n’absorbera donc pas un centime de la hausse des prix du carburant aujourd’hui et de l’énergie demain !
La France insoumise défend concrètement le pouvoir d’achat du peuple
Il suffirait au gouvernement d’une signature pour bloquer les prix du carburant.
Le droit français prévoit déjà, à l’article L. 410‑2 du code de commerce, la possibilité de réglementer les prix en cas de circonstances exceptionnelles.
Le gouvernement ne le veut pas, mais les parlementaires peuvent le décider quand même.
Ils le feront si la pression populaire les y contraint. Interpellez vos élus et réclamez le blocage des prix !
UNE PROPOSITION DE LOI DÉPOSÉE PAR LFI
Les député·es insoumis·es ont déposé une proposition de loi qui crée un mécanisme spécifique permettant le blocage ou le plafonnement temporaire des prix de l’énergie lorsque des perturbations graves des marchés internationaux menacent l’approvisionnement énergétique et risquent d’entraîner une hausse brutale des prix pour les consommateurs. Elle prévoit que, dans de telles circonstances exceptionnelles, les prix de vente de l’énergie peuvent être temporairement gelés ou plafonnés afin de protéger les ménages et l’économie nationale.
Pour consulter le texte de la proposition de loi, cliquez ici.

